Le tour 360° de San Cristóbal : nager avec les requins-marteaux

Une journée entière de bateau à passer d’un site de snorkeling à un autre, être suivi par une colonie de dauphins, observer des requins-marteaux… Bref, ce tour 360° de San Cristóbal était probablement la plus belle expérience de tout ce voyage.

Le tour 360°, c’est quoi

Le principe tient dans son nom : faire le tour complet de San Cristóbal en bateau, sur une journée, avec trois arrêts de snorkeling. On quitte le port de Puerto Baquerizo Moreno le matin et on revient en fin d’après-midi, après avoir bouclé l’île. Pour moi, c’était probablement la meilleure excursion que nous ayons faite pendant nos 11 jours aux Galápagos.

L’itinéraire passe par les sites les plus connus de l’île : Rosa Blanca et Bahía Blanca, Punta Pitt à l’extrémité nord-est, Bahía Sardina, Cerro Brujo et sa plage de sable blanc, et surtout Kicker Rock, que les Équatoriens appellent León Dormido.

C’est une formule différente de l’excursion classique : au lieu de viser un seul site, on parcourt tous les visages de l’île en une journée, falaises, plages, colonies d’oiseaux, pleine mer et même des requins-marteaux !

Plage de sable blanc et eau turquoise de Bahía Blanca, bateau d'excursion au mouillage

Prix et réservation

Comptez environ 180 US$ par personne chez un opérateur local (attention, les prix peuvent avoir augmenté). La même sortie, réservée depuis une plateforme en ligne, peut monter jusqu’à 280 US$ : la différence part en commission, pas dans la qualité de la journée. Si vous êtes déjà sur place, faites le tour des agences du front de mer.

Le prix comprend le repas servi à bord, généralement du poisson frais avec du riz et de la salade.

Un point d’organisation à ne pas négliger : l’équipement de snorkeling se récupère la veille ou tôt le matin, dans un centre de plongée, le Darwin Dive Center dans notre cas. Palmes, masque, tuba et combinaison. Prévoyez ce passage dans votre planning, sous peine de devoir courir avant le départ.

Tortue de mer nageant le long d'une paroi rocheuse couverte de vie marine

Le déroulé, arrêt par arrêt

La journée commence par une heure de navigation jusqu’à Bahía Blanca. Premier arrêt, premier choc : des raies aigles en pleine eau, et des requins à pointes blanches au repos sous les roches. Une première session de snorkeling qui tient toutes ses promesses.

C’est en route vers Punta Pitt que s’est produit le moment le plus improbable du voyage. Une colonie de dauphins a entouré le bateau, plus de trois cents individus selon notre guide. Ils sautaient par groupes, à quelques mètres de la coque, dans toutes les directions à la fois. Ce genre de scène ne se commande pas et ne se prévoit pas, un vrai coup de chance.

Dauphins nageant en surface autour du bateau, en route vers Punta Pitt

À Punta Pitt, on cherche les fous à pattes rouges, bien plus rares que leurs cousins aux pattes bleues et présents sur très peu de sites de l’archipel. Attention toutefois à avoir des chaussures ou des sandales permettant de marcher un peu. Le chemin passe par des cailloux, et ce n’est vraiment pas agréable pieds nus.

Fou à pattes bleues posé sur un rocher, ses pattes turquoise bien visibles

Une curiosité vous attendra sans doute en cours de route : le matelot sort une ligne et se met à pêcher. Ce n’est pas une lubie. Pour être autorisé sur cet itinéraire, le bateau doit être enregistré comme bateau de pêche et son équipage composé de pêcheurs licenciés, un dispositif du Parc national destiné à reconvertir les pêcheurs vers le tourisme, et donc à réduire la pression sur la réserve marine.

Le repas se prend à bord juste après Punta Pitt : riz blanc, poisson frais et salade. Vient ensuite Bahía Sardina, où une dernière heure de snorkeling est proposée. Nous en avons fait moins : à cette heure-là le soleil tape fort, et l’ombre du bateau nous a paru plus raisonnable qu’un coup de soleil. De quoi voir tout de même des bancs de petits poissons et quelques gros poissons-perroquets.

Banc de petits poissons au-dessus des rochers pendant le snorkeling à Bahía Sardina

Dernière étape avant Kicker Rock : Cerro Brujo, sur la côte nord, aux trois quarts du tour de l’île. Ici, on ne débarque pas, le bateau longe la grande falaise sans s’arrêter. Sauf devant une large ouverture percée dans la roche, par laquelle on aperçoit León Dormido, l’arrêt suivant, déjà dressé au loin. Il paraît qu’une belle plage et une colonie d’otaries se trouvent de l’autre côté ; nous n’avons pas mis pied à terre pour le vérifier.

La falaise de Cerro Brujo et son ouverture naturelle, un bateau passant devant

Kicker Rock (León Dormido), le sommet de la journée

C’est là que tout se joue. Kicker Rock est un cône de tuf dressé en pleine mer, fendu en deux par l’érosion. Le couloir qui sépare les deux blocs est assez large pour qu’un petit bateau s’y engage, mais en snorkeling, c’est vous qui le traversez à la nage, pendant que le bateau s’écarte de la falaise et vous reprend à la sortie.

Kicker Rock, ou León Dormido, dressé en pleine mer et fendu en deux par l'érosion

La mise à l’eau se fait en groupe et d’un seul coup : tout le monde saute en même temps, pour que le bateau puisse aussitôt s’éloigner des rochers. Ensuite, il ne faut pas traîner. Le courant est fort, les vagues aussi, et il faut nager vite vers le couloir sous peine de se faire déporter. C’est le seul moment de la journée qui exige un vrai effort physique. Soyez prévenu, il va falloir suivre le rythme.

La récompense est à la hauteur. Des requins-marteaux, observés à plusieurs reprises et de près, remontant lentement des profondeurs sous nos palmes. Une otarie venue jouer plusieurs minutes autour du groupe. Une raie aigle d’environ un mètre cinquante d’envergure. Et trois tortues de mer.

Deux requins-marteaux remontant des profondeurs à Kicker Rock

Ce que je retiens de ces quarante-cinq minutes, ce n’est pas la liste des animaux. C’est la situation elle-même.

Être en pleine mer, dans des conditions loin d’être calmes, à nager au milieu des courants et de tous ces animaux. Sous les palmes, l’eau est si profonde qu’on ne voit pas le fond. Et c’est justement en fixant ce bleu sans limite qu’on aperçoit, parfois, une silhouette qui remonte lentement vers soi.

J’ai trouvé ça terrifiant — merci Le Grand Bleu et tous les films qui ont fait des requins des monstres. Et pourtant, dans le même instant, tellement beau : ces parois couvertes d’une végétation aquatique pleine de couleur, ces falaises magnifiques, et tellement d’animaux vivant autour de nous.

Otarie nageant le long de la paroi colorée de Kicker Rock

Notre guide, elle, était surexcitée. Voir autant de requins-marteaux, et d’aussi près, n’arrive pas si souvent, c’est elle qui le dit, et elle fait cette sortie toute l’année. On se sent chanceux.

Quarante-cinq minutes, donc. C’est court. Mais le temps s’est arrêté, et ces souvenirs-là sont gravés pour de bon. C’était probablement la plus belle expérience de tout ce voyage.

Niveau requis et conseils

Cette sortie n’est pas une promenade. On nage en pleine mer, dans le courant, sans voir le fond, entouré d’animaux de grande taille. Il faut être à l’aise dans l’eau, savoir se déplacer avec des palmes et ne pas se laisser impressionner par la profondeur sous soi.

Aucun brevet n’est requis, c’est du snorkeling, pas de la plongée en bouteille, mais un nageur hésitant y passera un mauvais moment, surtout à Kicker Rock. Ce n’est rien d’insurmontable non plus, mais sachez simplement que cela peut brasser un peu.

Si la journée complète vous semble trop longue, sachez qu’il existe une excursion courte de trois heures uniquement à Kicker Rock. Vous y verrez le meilleur du tour 360°, sans les dauphins ni les fous à pattes rouges, mais aussi sans les huit heures de bateau.

Pensez à vous protéger du soleil et à boire beaucoup d’eau. La journée est longue et le soleil tape fort, donc la crème solaire, la casquette ou le chapeau et les vêtements qui couvrent la peau ne sont pas de trop.

Le couloir entre les deux parois de Kicker Rock, vu depuis l'eau

À qui cette sortie s’adresse — et à qui elle ne s’adresse pas

Une chose à comprendre avant de réserver : le tour 360° est une journée d’eau. On enchaîne les sessions de snorkeling, et le reste du temps on navigue. Ce n’est ni une randonnée, ni une journée de plage.

Foncez si…

  • Vous venez pour la vie marine. C’est tout le programme : requins à pointes blanches au repos, raies aigles, tortues, otaries et à Kicker Rock, les requins-marteaux. Peu d’excursions aux Galápagos concentrent autant d’espèces en une seule journée.
  • Vous aimez les oiseaux et les côtes sauvages. Punta Pitt et ses fous à pattes bleues, avec un peu de chance, ceux à pattes rouges. Les falaises de Cerro Brujo. Et des colonies aperçues depuis le bateau tout au long du tour.
  • Vous n’avez qu’une journée à San Cristóbal. C’est l’excursion qui condense le plus : falaises, plages, marche légère, pleine mer et snorkeling en une seule sortie.

Passez votre tour si…

  • Vous avez le mal de mer. Huit heures sur un petit bateau, dont une bonne partie en pleine mer pour contourner l’île. Nous y étions en mars et la mer n’était pas trop agitée. Mais il paraît que de juillet à novembre, quand le courant de Humboldt est fort, la houle peut transformer la journée en calvaire.
  • Vous êtes nageur hésitant. Le programme est aquatique à 90 %. La plupart des sites sont peu profonds, on a même pied par endroits — mais à Kicker Rock, c’est la pleine mer, et c’est justement le plus bel endroit du circuit. Si vous ne vous y mettez pas à l’eau, vous manquerez le cœur de la journée.
  • Vous voyagez avec de jeunes enfants, ou la mobilité est un souci. La journée est longue et fatigante. On monte et on descend du bateau dans l’eau, ou sur des rochers glissants.
  • Vous cherchez une journée de détente. Le rythme est soutenu, les arrêts sont minutés par le guide, et le temps de farniente sur la plage est à peu près nul.

Pour aller plus loin

Moi c’est Thomas ! Sur ce site je vous partage mes aventures en voyage, mes conseils et destinations favorites ainsi que les défis sportifs auxquels je participe entre deux voyages, pour rester en forme. Si vous avez des questions sur votre prochain voyage au Népal, ou comment courir votre premier marathon, n'hésitez pas !

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