Las Tintoreras est un classique des Galápagos et vous permet d’observer beaucoup de faune dont des manchots ! Nous avons choisi de le faire en kayak, mais il est aussi possible de le faire en bateau à moteur.

Las Tintoreras, c’est quoi
Las Tintoreras est un petit groupe d’îlots situé juste devant Puerto Villamil, à environ cinq minutes de bateau. Mais cette proximité est trompeuse : on est déjà dans le parc national, avec tout ce que cela implique.
L’accès y est strictement encadré. On ne peut y aller qu’en kayak ou en panga (petites embarcations à moteur), et toujours accompagné d’un guide agréé. Pas de baignade libre, pas de débarquement improvisé : les zones où l’on peut nager sont matérialisées par des bouées, et le guide veille à ce que personne ne les franchisse.
C’est cette contrainte qui fait la valeur du site. Les animaux y sont chez eux et ne fuient pas, parce que rien ne les y a jamais poussés. C’est donc idéal pour observer la faune, dont de nombreux oiseaux différents.

Kayak ou panga : pourquoi on a choisi le kayak
- Environ 65 US$ par personne, demi-journée.
- Réputé plus agréable que le panga, et un peu de sport.
- Départ directement de la plage, au milieu des otaries.
Deux formules coexistent, au même prix ou presque : le panga, plus confortable, et le kayak, un peu plus sportif. Comptez environ 65 US$ par personne pour une demi-journée.
Nous avons choisi le kayak, il a la réputation d’être plus agréable et nous voulions bouger un peu, ce qui n’est pas si fréquent dans un voyage fait de bateaux et de bus. Le choix se paie par un effort modéré ; vous ne parcourrez pas une distance énorme. Pas d’inquiétude si vous n’êtes pas habitués à ce genre d’embarcations, il n’y a pas de gros courant ni de gros danger. Suivez et écoutez tout de même le guide, car cela reste du kayak en mer.

Le départ vaut à lui seul le détour : on met les kayaks à l’eau directement depuis la plage, au milieu des otaries, qui continuent de dormir à un mètre des coques sans manifester le moindre intérêt. Ce sont vraiment les reines de la place.
Pour moi, la version kayak vaut vraiment le coup et change de toutes les autres excursions de notre itinéraire aux Galápagos, où vous êtes souvent passif. Je le referai sans problème. À éviter seulement si un problème physique vous en empêche.
Ce qu’on a vu
Le premier constat, en kayak, c’est la distance à laquelle tout se passe. Des requins circulent à quelques dizaines de centimètres de la coque, visibles à travers l’eau claire. Encore une fois, ces requins ne sont pas dangereux, donc vous n’êtes pas en danger ; cela permet juste de mieux les observer. Probablement encore plus impressionnants, des fous plongent en piqué à quelques mètres, refermant leurs ailes juste avant l’impact.
Les iguanes marins sont partout : entassés sur les rochers noirs pour se réchauffer, mais également en train de nager d’une rive à l’autre, corps ondulant en surface. C’est une image qu’on n’associe pas spontanément à un lézard. Mais c’est vraiment mignon à observer.

Le grand moment, c’est le manchot des Galápagos, aperçu à cinq mètres, seul sur son rocher. La limite d’approche est matérialisée par des bouées, et le guide veille à ce que personne ne les dépasse.
La sortie se termine par une session de snorkeling. Parfait pour se rafraîchir un peu. Nous y avons vu une raie posée au fond, mais la visibilité était médiocre ce jour-là : pleine lune et fortes marées avaient brassé les sédiments. C’était tout de même très agréable, même si ce n’était pas la meilleure session de snorkeling de notre voyage. On ne peut pas toujours avoir de la chance !

Le manchot des Galápagos
Il mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est une anomalie. Le manchot des Galápagos est l’espèce de manchot qui vit le plus au nord de la planète, et la seule à vivre sous les tropiques, dans les eaux les plus chaudes de son ordre. Voir un manchot à un degré de l’équateur reste difficile à croire, même en le regardant.
Il est aussi le plus petit du groupe : une cinquantaine de centimètres à peine.
Et il est en voie de disparition. Sa survie dépend des courants froids qui remontent les nutriments et donc les poissons. Chaque épisode El Niño réchauffe l’eau, fait fuir les bancs et prive les colonies de nourriture. Sa population fluctue au rythme de ces cycles, sans jamais vraiment se reconstituer.
Conseils pratiques
Prévoyez la sortie le matin. Nous étions de retour au port vers 11 h 30, ce qui laisse l’après-midi entier, de quoi enchaîner avec le centre d’élevage des tortues ou une plage, sans que la journée soit terminée.
Renseignez-vous sur les marées et la lune. C’est le conseil le plus utile, même si vous n’avez pas forcément la main dessus. La visibilité en snorkeling dépend directement de la marée et de la phase lunaire : en période de fortes marées, l’eau est brassée et l’on ne voit presque rien. Les guides connaissent parfaitement ce calendrier, il suffit de poser la question la veille et, si possible, de décaler d’un jour.

Le reste est affaire de bon sens : crème solaire avant d’embarquer, de l’eau, et un vêtement à manches longues pour le kayak, où l’on reste exposé sans s’en rendre compte. Car comme partout en Équateur, le soleil tape très fort et sur l’eau vous n’aurez pas d’ombre pour vous protéger.
Pour aller plus loin
- Voyage aux Galápagos : notre itinéraire de 11 jours, île par île
- Le tour 360° de San Cristóbal : nager avec les requins-marteaux
- Se déplacer entre les îles : bateau ou avion ?
- Où dormir aux Galápagos : nos hôtels île par île
- Les erreurs qu’on a faites aux Galápagos
- Le récit du jour 5, heure par heure



